Le KAL Rock Island #2 : se préparer et commencer

Vous avez choisi votre fil et vous êtes prête à attaquer ! Ce message est programmé car je suis en vacances, je répondrai à toutes vos questions à mon retour lundi en 8 🙂

Un peu de vocabulaire
On appelle corps d’un châle (chez Brooklyn Tweed, ils appellent ça le triangle) la partie intérieure. Les extrémités souvent plus décorées sont les bordures. Entre les deux on peut avoir un ou plusieurs motifs de transition (encadré en rouge), ils servent parfois à faire le lien entre un motif simple (tout est relatif, hein…) et plein du corps vers un motif aéré et complexe de bordure.

Exemple ci-dessous avec le châle Laminaria d’Elisabeth Freeman, mon préféré, je l’ai tricoté 3 fois <3, disponible chez Knitty.

laminaria-alice

 

Comment ça marche un châle en dentelle ?
Il y a beaucoup de constructions différentes pour les châles en dentelle, mais il y a des classiques que l’on retrouve très fréquemment.
D’abord, un principe tout bête : au plus il y aura d’augmentations sur un rang, au plus le châle sera évasé. Pour avoir un rendu type triangle rectangle (avec la base comme côté le plus long), vous faites deux augmentations à chaque extrémité + 2 augmentations de part et d’autre de la maille centrale, soit 4 par rang endroit. Ce sont très souvent des jetés :

swallowtail-1

 

Sur cette splendide photo légèrement bleue d’un de mes tous premiers châles, le Swallowtail d’Evelyn Clark (remarquez le blocage non moins magnifique de la bordure supérieure… mais j’assume, on a toutes débuté un jour :p ), on voit bien une maille centrale flanquée de 2 jetés et une bordure supérieure qui commence avec 2 ou 3 mailles suivies d’un jeté. Reliez visuellement 1 à 2 puis 3 à 4 et vous avez la position d’un rang : on tricote du haut vers le bas.

Pour d’autres châles, ce sera un petit peu différent : vous tricotez le corps et vous réservez votre tricot. A la fin du dernier rang, vous montez des mailles supplémentaires pour commencer à tricoter la bordure dans le sens de la hauteur. Vous la rattachez au fur et à mesure au corps en prenant ensemble un rang sur deux une maille de la bordure et une maille du corps. Immense avantage : pas de session de rabattage de rang à 400 mailles. C’est la construction des châles traditionnels des Iles Shetland, le Juneberry de Brooklyn Tweed en est un bon exemple :

juneberry3

Comme la bordure est tricotée dans l’autre sens, ça permet d’avoir des motifs plus linéaires et horizontaux, alors que quand la bordure est tricotée en continuité du corps, les motifs sont plus verticaux.

Ensuite, vous avez aussi les châles semi-circulaires, comme le châle de Julie, le Swinging Triangles par exemple :

blocage21

Pour ceux-là, les constructions et les formes sont très variées, augmentations sur les côtés, doubles augmentations sur les côtés, rangs raccourcis… C’est selon la créativité des designer ! Ils peuvent avoir des formes plus ou moins en croissant, allongés ou plus ramassés.

Et il en existe plein plein plein d’autres, certains combinant même plusieurs formes, comme chez Hélène avec le Bir Hakeim

Pour Rock Island de Brooklyn Tweed, c’est encore différent car il se tricote du bas vers le haut (et non plus du haut vers le bas) ! Reportez-vous au schéma de votre patron pour visualiser. Vous allez commencer par tricoter la bordure. Une loooongue bande de dentelle, c’est normal.

KAL rock island 2

Vous viendrez ensuite relever des mailles le long de cette bordure pour attaquer le corps du châle.
Comme vous progressez vers le haut, il vous faudra donc faire des diminutions (en l’occurrence 4 par rang endroit) pour lui donner sa forme triangulaire. Voilà.

Comment lit-on un diagramme ?
Tout d’abord, il existe des châles où vous avez les instructions écrites en plus des diagrammes. Honnêtement, les instructions écrites, zappez-les. C’est source d’erreur, vous avez les yeux rivés sur vos explis au lieu de regarder votre tricot. Avec le diagramme, vous voyez le motif s’organiser, vous en comprenez la logique, jusqu’à pouvoir vous en affranchir dans certains cas. Par conséquent, si vous faites une erreur, vous aurez beaucoup plus de chances de vous en apercevoir avant qu’il ne soit trop tard.
Mais bon, c’est juste mon avis ^^ De toutes façons, pour Rock Island et Brooklyn Tweed en général, il n’y a que des diagrammes, héhé…

Un diagramme se lit dans le sens du tricot donc :
– de droite à gauche pour un rang endroit
de gauche à droite pour un rang envers
J’ose dire que sur mon tout premier châle en dentelle, L’Aeolian d’Elisabeth Freeman, j’avais pas tilté…
Ici, c’est très important de respecter le sens de lecture car sur Rock Island, la dentelle est sur tous les rangs. Eh oui, on va rigoler !

Quelques petites astuces ? :
– tricotez votre châle sur des aiguilles circulaires, c’est plus confortable. Placez vos mailles sur le câble uniquement quand vous arrêtez de tricoter, elles seront moins tentées de se sauver que sur des aiguilles droites (100% vécu…)
– méfiez-vous, les motifs d’apparence complexes sur 15 rangs avec moultes jetés et autres biscornades ne sont pas les plus traitres. Un bon petit motif alternant jetés et mailles ensemble, mais genre contrarié et couplé avec des augmentations sera beaucoup plus fourbe ! Tout ça pour dire que la bordure demandera plus de concentration, je pense, que la partie ajourée du corps où le motif est plus dessiné.
– Différenciez les SSK des 2 mailles ensemble en un coup d’oeil : soulignez en rouge ou surlignez l’un ou l’autre sur le diagramme

KAL rock island
– si les diagrammes sont trop petits, photocopiez-les et agrandissez-les. D’ailleurs, je photocopie ou imprime toujours les diagrammes pour ne pas abimer les patrons car je note mes rangs dessus.
– utilisez autant de marqueurs que vous voulez si cela vous aide à vous repérer
– utiliser un fil de secours (voir le commentaire de Lilinoise) cf. fiche technique sur le système Addi Lifeline qui est sur ce principe, mais au lieu du système Addi, vous remplacez par une aiguille et du fil 😉

Quelques fiches techniques pour vous aider :
– le SSK
– le Long Tail Cast-on ou montage continental
– le fil de secours/ système Addi Lifeline

Je vous propose d’avancer tranquillement sur la bordure et on fait un point début septembre ?

sandra

6 Comments

  1. pattern acheté, écheveau cascade alpaca lace mis en pelote cet après-midi : j’entame donc la bordure…
    effectivement, c’est du costaud!!ça a beau être une répétition de 8 rangs, faut être bien attentif…du coup j’ai recommencé 3 fois…
    Je me décourage pas, je me (re)motive, je me (re)concentre et cette fois j’opte pour le fils de secours…Rhâ mince, ma bordure est, il faut bien l’avouer, très moche : les yo ne vont pas….je fais comme Elise, un petit coup d’œil sur le net et…ah bah voilaaaaa c’est pour ça!!!
    Allez, on redéfait (encore) et on recommence (encore) ^_^
    Rassurez moi, je suis pas la seule à avoir du mal hein?!

  2. C’est parti ! Et oui, moi aussi j’ai opté pour la pratique du fil de survie. J’ai eu l’idée saugrenue de rajouter un fil de nylon à ma laine, pour donner de la brillance et de la profondeur à mon fil de mohair couleur mûre.

  3. Oula !!!!!ca n’a pas l’air si simple
    J’ai trouvé une vidéo sur le net pour faire le Yo en début de rang, c’est déjà ça….
    Le file de secours me paraît INDISPENSABLE !!!!
    Mais le résultat sera magnifique et ça, ça boost !!!

  4. Ouh la la ca neressemble pas à la photo du patron….

  5. Si je peux me permettre, j’ajouterais encore une petite astuce à ta liste: mettre un « fil de secours » quand tu finis chaque répétition de la bordure (i.e. passer un fil dans chaque maille du rang avec une aiguille à coudre). Comme ça, si tu fais une erreur et dois détricoter, tu détricotes jusqu’au fil de secours. De là, tu peux reprendre les mailles et recommencer. C’est sécurisant et je dois dire que cela m’a beaucoup aidé lorsque j’ai tricoté ce modèle!

    Bon courage! (Tu verras, une fois la bordure terminée, ça avance tout seul!)

Comments are closed.